Nos artistes

  • MONZA
  • TONIA FIYA
  • EBENE
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  • Title 3
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Son nom de scène, c’est Monza. Comprenez : musique originale native de la zone authentique. Cette zone authentique, c’est l’Afrique. Car, s’il est citoyen mauritanien, Kane Limam se revendique avant tout africain. Tête d’affiche de la scène rap mauritanienne, cet auteur-interprète et producteur combat l’injustice avec les mots. « Pour ne pas en devenir complice », dit-il. Autoproclamé Président 2la Rue Publik (titre de son premier opus, en 2004), très impliqué dans le développement de la culture urbaine, il prône des valeurs qu’il estime en voie de disparition, telles que la fraternité et le multiculturalisme. Pour « imposer le métissage » dans ses textes, il mêle le français et les langues nationales : le peul, le wolof ou le hassania.

Monza s’est tourné vers le hip-hop dès l’âge de 15 ans avec son premier groupe, African Prodige, animé par un besoin viscéral de s’exprimer après que son père, engagé dans l’opposition lors des événements de 1989, eut été jeté en prison. En 1998, Monza rejoint le collectif d’artistes Intelligentsia, à l’origine de la création de son second groupe, Do Re Mifa. Il s’y bat pour la reconnaissance du rap mauritanien (il n’existait alors qu’une trentaine de groupes) et pour que la musique « ne soit plus seulement assimilée au griot et devienne un mode d’expression ».

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Avec son alter ego Couly Man, ils montent leur propre formation, La Rue Publik, en 2000. « Si le pouvoir ne fait pas bien les choses, on le dit. C’est notre manière de contester. » Leur premier album sorti en 2004 est le premier CD entièrement réalisé en Mauritanie. À l’époque, le colonel Maaouiya Ould Taya est au pouvoir : les 1 500 disques sont confisqués. Qu’importe. Tous sont réédités, et le groupe part en tournée à travers le pays. La jeunesse a enfin son porte-voix.

Les jeunes artistes, en revanche, n’ont toujours pas de scène et s’estiment muselés. Monza a l’idée de les promouvoir lui-même. Il lance son label, Zaza Productions, et, en 2008, crée Assalamalekoum Festival International, consacré aux cultures urbaines, dont la 8ème édition se tiendra en juin 2015. Il produit également huit groupes mauritaniens, et espère pouvoir créer un jour une Hip-Hop Academy en Mauritanie, qui accompagnerait les musiciens de la salle de répétition au studio. « Beaucoup abandonnent leurs études et tombent dans le banditisme ou la débauche. Avec le hip hop, on les récupère et on en fait des artistes, qui ont un vrai métier. » Monza n’oublie pas pour autant sa propre carrière. Il se produit au Maroc, au Danemark, en France… Et se concentre sur la sortie de deux albums, l’un électro hip-hop, et le second live, dont il partage gratuitement chaque semaine un titre sur son site web.

Rares sont les jeunes artistes mauritaniens que l’on pourrait inscrire dans le mouvement révolutionnaire. Il en est un, qui de part son génie incontestable, vu son âge et son expérience au stade embryonnaire, est un pur rebelle. Il ne souhaite s’inscrire dans aucun mouvement, mais avoue avoir traduit dans son oeuvre les émotions et les frustrations d’une jeunesse dont il se réclame être la voix. Tonia Fiya (L’opprimé Battu), de son vrai nom Khalidou Sy, est un artiste de hip hop engagé. Ayant sillonné la Mauritanie, de Kaédi à Zouèrate pour atterrir en 2003 à Nouakchott où il crée son groupe Yourno Ndjiya avec son acolyte Binguel Leydi en 2004, Tonia Fiya se revendique aujourd’hui comme un messager de la tolérance et assume avec détermination cette image de l’artiste qui vole, décollant des bas fonds de son quartier de Tarhil 17 pour atteindre les hautes marches du podium du tremplin concours Assalamalekoum Découverte qu’il a remporté en Juin 2013. Primé par le jury du tremplin, présidé par Didier Awadi, Tonia a depuis enregistré à Paris son premier EP : « LOBEHA ».
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